Wodecq_A.htm

Wodecq rend hommage à son héros.

Lieutenant Floyd E. ADDY  

Un avion B 24 tombe à Wodecq le 14 juin 1944. Cet avion est piloté par le lieutenant Floyd Addy. Celui-ci est né en Californie , dans le comté de Kern, le 20 juin 1919. Son parcours scolaire s'achève à quelque 180 kilomètres de là, au Collège de Santa Monica, dans les faubourgs de Los Angeles. Il a une petite sœur, Wahnetta, pour laquelle il a une affection sans borne au point qu'en juin 1944, il comptait baptiser le nouveau B24 qui devait lui être confié : My Little Sister. Nous verrons plus loin que ce souhait ne pourra se concrétiser.    

Le 1er février 1940, il est engagé dans l'armée sous le matricule 0-691932. Ayant opté pour l'aviation, il est envoyé à Oklahoma City pour suivre une formation de pilote. C'est là qu'il rencontre Barbara Fields qui deviendra sa femme. Au moment où il rejoint l'Angleterre, celle-ci attend famille.  

Venant du Nebraska où tout l'équipage avait suivi un entrainement approprié, il arrive au mois de mai à la base aérienne de Debach, sur la côte orientale de l'île, à une centaine de kilomètres au nord-est de Londres.

Lors de sa première mission, le 6 juin, il doit détruire des ponts de chemin de fer à Lisieux. Mais ordre avait été donné de préserver à tout prix le sanctuaire de Sainte Thérèse. Comme il ne peut apercevoir la cible cachée sous les nuages, Floyd ramène sa charge de bombes à la base.   

Insigne de l'escadrille

Le bombardement de la base allemande de Athies-lez-Laon sera sa seconde mission. Il y a urgence de soulager les forces alliées constamment harcelées par les avions allemands encore présents dans le nord de la France. Si cet objectif ne peut être atteint, une cible de remplacement est prévue : la base aérienne de Beauvais, dans le département de l’Oise.

 
L'équipage du B 24 "Liberator"est composé de 10 hommes:

Le pilote    Lieutenant Floyd E. ADDY,  
Le copilote Lieutenant Douglas W. HOOTH,  
L'ingénieur mécanicien 1er sergent Cecil C. PENDRAY,  
Le navigateur Lieutenant Robert G. DONAHUE,  
Le bombardier  Lieutenant Richard E. WRIGHT,  
L'opérateur radio 1er sergent Frank McPHERSON,
L'artilleur Sergent Hugh Casey BOMAR,  
Le mitrailleur tourelle avant Sergent Irving W. NORRIS,  
Le mitrailleur tourelle de queue Robert G. MATHIE,  
Le mitrailleur tourelle ventrale Sergent William CUPP.  


                       
L'équipage

L'équipage ne semble pas optimiste. Il attendait avec une réelle impatience le nouveau bombardier - Liberator Consolidated B 24 - qu'il avait pu tester quelques semaines auparavant. Hélas, il devra se contenter d'embarquer dans un vieil appareil rapiécé, bosselé de partout, muni d'un armement en mauvais état et destiné à la ferraille le jour-même !... De plus, cet avion, le One long Hop, (Le grand saut) n'a pas bonne réputation ; jamais il n'est parvenu à terminer une mission sans ennui. "Pour mériter une telle appellation, il ferait bien de terminer au moins celle-ci" maugréa Floyd.

 

Un B-24  

Le 14 juin, ayant quitté Debach vers 5h00, la formation dans laquelle est incorporé le B 24 du lt Addy survole le Hoek Van Holland, met le cap sur la Belgique qu'elle traverse du nord au sud en se dirigeant vers Mons et la frontière française.

Arrivé sur la cible, le lieutenant Addy ne peut l'atteindre ; ses bombes tombent à quelques kilomètres, aux environs de Besny-et-Loisy. Esseulé en queue de formation, ordre lui est alors donné de repasser à la verticale de Athies afin de constater les dégâts. Obtempérant, il fait deux passages sur l'objectif et, au troisième, il est touché par la flak. Son moteur n° 4 est mis hors d'usage. Il perd le contact avec la formation et met tant bien que mal le cap sur sa base. 

Il essuie de violents tirs de DCA, particulièrement lorqu'il passe à la verticale de la gare de triage de Saint-Ghislain. Par miracle, il échappe au pire et poursuit sa route vers le nord. C'est ainsi qu'il survole le champ d'aviation de Chièvres où de nouveaux tirs lui sont, cette fois, fatals.

Plan de vol

William Cupp déclare : "Cette fois, il y avait des trous partout dans l'avion. Nous pouvions entendre l'air siffler à travers l'avion. Malgré cela, nous espérions tout de même atteindre la côte. L'équipage a balancé par la soute à bombes tout ce qui pouvait alléger l'appareil, en ce compris toutes les armes de bord et les munitions. Mais l'avion ne tenait plus l'air".

Hugh Bomar ajoute : "Nous avions perdu deux moteurs, les réservoirs étaient troués, nous n'avions plus de carburant, mais il n'y avait pas d'incendie".

Richard Wright, quant à lui, précise : "Nous avions perdu trois moteurs".

Jugeant qu'il ne pourra jamais rejoindre l'Angleterre, le pilote laisse le choix à ses hommes : rester à bord et tenter un atterrissage forcé ou, solution extrême, abandonner l'appareil.

Celui-ci est alors à 6000 pieds, soit une altitude de quelque 1828 mètres. A l'unanimité, l'équipage décide de sauter, ce qu'il fait dans les environs de Lessines.

"Bonne chance à tous. Je reste dans l'avion, il y a des amis parmi les gens d'en bas et je ne veux pas qu'un de nos avions leur tombe dessus."

A 09h17, l'avion passe très bas au-dessus du centre de Wodecq. Il parvient à éviter l'église et les maisons environnantes et se dirige vers les prairies. Le lieutenant Addy quitte à son tour l'appareil en perdition. Il est trop tard, son parachute n'a pas eu le temps de s'ouvrir…



Lieu où l'avion s'est crashé

Floyd Addy

Floyd Addy avait 24 ans. Il effectuait sa seconde mission, il se tue le 14 juin 1944 à Wodecq. Il n'aura pas la joie de connaître sa fille, Ann, qui naîtra fin novembre, le jour du Thanksgiving. Son épouse Barbara ne s'en consolera jamais.

Pour son acte de bravoure, le lieutenant Addy reçut à titre posthume la "Distinguished Flying Cross". Au nom du président des Etats-Unis, il reçut la Purple heart, une médaille militaire accordée aux soldats américains blessés ou tués au service de l'armée américaine.

                        

"Distinguished Flying Cross"

                           

"Purple Heart"

Qu'est-il arrivé aux 9 membres de l'équipage ? 

Ils connurent des aventures diverses, mais tous les neuf rentrèrent aux Etats-Unis dès la fin des hostilités.

Trois d’entre eux : Charles Pendray, Irving Norris et Robert Mathie, eurent la malchance de toucher terre auprès de l'unique casemate allemande située aux abords de la route N 529 reliant Lessines à Frasnes. Elle est toujours là au milieu d’un champ à quelques encablures du château d’eau de Lessines. Ils furent aussitôt désarmés par la sentinelle et privés de liberté. Pour eux, la guerre était finie. Direction l’Allemagne et ses camps de prisonniers.

Après avoir été secourus et cachés par de braves villageois qui n’écoutèrent que leur cœur alors que le geste qu’ils posaient aurait pu leur réserver bien des ennuis, quatre autres soldats finirent par rejoindre, début septembre, les troupes alliées arrivées dans la région de Bruxelles. Il s'agit de F. McPherson, D. Hooth, R. Wright et C. Bomar. 

Quant aux deux derniers, W. Cupp et R. Donahue, ils prirent la direction de la France, après avoir été cachés en divers endroits pendant deux à trois semaines. Mis au courant par Radio Londres qu'ils écoutaient en cachette, ils espéraient rejoindre les troupes alliées dans les environs de Beauvais. Mal leur en prit car leur errance s'acheva le 29 août à Evecquemont, non loin de Paris où la population en liesse fêtait la libération de la ville. Ils furent aussitôt envoyés dans les camps nazis jusqu'à la libération de ceux-ci. 

Sergent William CUPP

LAST FLIGHT

At 9:17 AM on June 14th, 1944 an American B24 Liberator crashed here at Wodecq, on its way back from a mission to the Aisne Department in France.

 It had left from the Debach air base in southeastern England in the night of June 13th with ten crew members on board.

Its objective was to bomb the airfield at Athies near Laon, in order to support the Allied Forces who were being hassled by German planes still flying over the North of France. In case the first target could not be reached, an alternative one had been set: the air base at Beauvais in the Oise Department.

The crew were not assigned a new generation B24 as originally planned. They had to use a craft that was on its last mission and was bound for the scarp heap on its return. The bomber was battered and dented, its armament in poor condition, and it had a dire reputation with the aircrews: it had never completed a mission successfully. This was to prove true once more.

As part of a formation of 36 aircraft, Won Long Hop reached the continent by way of Hoek van Holland, a sea front with no anti-aircraft batteries. Then they headed for Belgium and crossed the territory from north to south, flying toward Mons and the French border.

When the plane reached the area, its bombs probably failed to hit the target but fell in a circle of approximately 5 kilometers, near the village of Besny-et-Loisy. Won Long Hop had been crippled by enemy fire and was lagging behind its formation. The mission commander ordered Lieutenant Addy to fly over Athies again in order to assess the damage they had caused, a task that usually falls to reconnaissance planes. This delayed the bomber even more, causing it to make its way back on its own. It aimed to reach Mons and encountered flak as it passed the rail distribution center of St Ghislain. Miraculously, it escaped and headed northwest. Then, as it flew over the Chièvres airfield, more anti-aircraft batteries defeated it.

The four engines had been hit and stopped running in turn. Lieutenant Addy realized he would never succeed in reaching Britain and told his nine crew members to bail out, which they did over Lessines and Ath. He himself chose to stay on board as long as possible. One member of the crew, Sergeant William Cupp, tells the story in his book “A Wartime Journey: Bailout Over Belgium”. After many adventures and varying fortunes the nine young soldiers were able to return to the United States once the hostilities had ended. They stayed in touch with each other and with Floyd Addy’s family for as long as they could.  Lieutenant Addy flew over the central square of Wodecq and managed to avoid the church and nearby homes. He banked his plane southwards towards La Hamaide. His likely hope was to attempt a perilous landing in an area of meadows and fields with few houses.

But the bomber could no longer be controlled and he soon found this action impossible. He decided to leave the plane, quite an achievement since enemy fire had damaged the flight deck and blocked its exits.

At this low altitude his parachute did not open and Lieutenant Addy fell in the middle of the field back you, to the left of the road to Ostiches and Ath. His plane ended its course behind the house in front of you.

His last message to the crew is testimony to his sense of duty and sacrifice :

"Good luck to you all. I’m going to stay with the plane. There are friendly people down there, and I don’t want a plane of ours to crash on any of them.  As you pass this spot, remember the man who gave up his life to save us and to liberate a continent which he only knew from high up in the sky".

We owe him our freedom.

Lieutenant Floyd E. ADDY was posthumously awarded the British Distinguished Flying Cross and the American Purple Heart. His wife Barbara bore a daughter some weeks after the tragedy; the child did not have the privilege of knowing her father. His body stayed in Europe and was buried in the American war cemetery at Margraten in Dutch Limburg, not far from Visé.