Wodecq_K.htm

COMMEMORATIONS

1989 William Cupp

2014 70ème anniversaire

2015 James McShane

2017 Wings of Memory 

2019 Jim, un neveu fidèle

2019 75 ans déja

1989

William Cupp est revenu plusieurs années de suite dans la région. Docteur en sociologie, il fut chargé par les universités qui l'employèrent d'étudier le mode de vie de nos villageois d'alors. Il jugeait en effet intéressant de comparer le mode de vie des fermiers américains gérant d'immenses domaines agricoles avec celui des petits agriculteurs européens dont il décrit les activités journalières avec une extrême minutie dans son livre "De la Picardie aux camps nazis".

C'est en 1989, qu'on le vit pour la dernière fois. Membre actif de l'AFEES (Air Forces Escape and Evasion Society), il profita de ce voyage pour revoir tous ceux et celles qui avaient secouru l'équipage du One Long Hop. Il les réunit à Ath le 14 juin et remit à plusieurs d'entre eux une distinction honorifique oh combien méritée.

La cérémonie de remise des distinctions honorifiques 
de l'Air Forces Escape and Evasion Society à Chièvres les 4 juin 1989

1 Paul Thomas, 2 Robert De Chèvre, 3 Roger De Chèvre, 4 Josiane Coton, 5 Laure Remy, 6 Marie-Jeanne Pettiau-Houbeke, 7 Marie-Louise Deltenre-Auverlaux, 8 Penny Cupp, 9 Bill Cupp, 10 Emmanuel Keldermans, 11 Rosa Ponchaut-Leleux, 12 Adolphe Clément, 13 Gilbert Rasson, 14 Guy Termonia, 15 Monette Derotteleur-Ronsse, 16 Mehdi Derotteleur, 17 Le Petit Thomas, 18 Julien Thomas, 19 Josiane Thomas-Vanderhole, 20 Véronique Thomas, 21 Non identifié, 22 Maurice Moulard (qui a probablement procuré les cartes d'identité pour le Lt Donahue, le Sgt Cupp et d'autres) 23 Odon Hubin, 24 non identifié, 25 Carmen Hubin, 26 Raoul Ponchaut, 27 Henri Keldermans, 28 non identifié 29 Louise Leleux, 30 Gaston Leroy, 31 Gabrielle Keldermans-Boucher, 32 Roger Bogaert, 33 Michel Keldermans, 34 Albert Moulin, 35 Adelson Fontaine, 36 Evelyne Gorts-Horlay, 37 Eliane Ronse-Hombeck.

2014

Commémoration du 70ème anniversaire.

Cette cérémonie s'est déroulée en présence du Colonel Christopher Kuester, commandant, 424ème Escadron de la base aérienne et de madame Francisca Spook chargée des Affaires publiques au Shape.

Il y a 70 ans, à cette heure-ci, le lieutenant Floyd Addy venait d'offrir sa vie pour éviter que la population du centre de Wodecq soit victime de la chute de son avion. Nous étions le mercredi 14 juin, il était 9h17. A ce moment, l'église était occupée par les enfants du village qui préparaient leur profession de foi, cérémonie qui se déroulera le dimanche de la Pentecôte.

Quelques heures après, son corps tout mutilé fut emporté par les Allemands et enterré provisoirement au cimetière de la base aérienne de Chièvres. A la fin des hostilités, sa dépouille put ainsi être rendue aux autorités américaines qui lui accordèrent une sépulture définitive à Margratten, aux Pays-Bas, tout près de la frontière belge, à quelques kilomètres de la ville de Visé.

Offrir sa vie. L'expression n'est nullement exagérée. Pour ce geste de courage, et je dirais même de noblesse, un moment de recueillement vous sera demandé dans quelques instants.

Combien de villes ou villages de Belgique ou de France ne furent-ils pas plongés dans l'horreur suite à l'intervention ou au simple survol d'avions alliés dont les équipages durent se résoudre à quitter leur appareil en perdition ? Les rétrospectives que les télévisions nous montrent actuellement à l'occasion du 70ème anniversaire du débarquement en Normandie nous laissent pantois, bouleversés serait plus exact.

Avons-nous bien mesuré la chance que le village de Wodecq eut de se trouver sur la route d'un chic type de 24 ans, plein de générosité, venu de son Amérique lointaine où il avait laissé une jeune épouse qui attendait famille ?

Le comportement héroïque de ce pilote serait resté ignoré si un membre de son équipage, le sergent William Cupp, ne l'avait pas décrit dans un livre paru à la fin des années 80 : De la Picardie aux camps nazis traduit en français par madame Yvette Van Quickelberghe ici présente. Ce livre relate l'épopée de cet avion, sa chute et la mort de son pilote, ensuite l'errance à travers la Belgique, la France et l'Allemagne des membres de son équipage qui eurent tous la chance de regagner les Etats-Unis, une fois les hostilités finies.

Marcel Leroy

2015

James McShane ouvre son cœur à l’issue de son voyage

A l’issue de son voyage, Jim a fait part de ses impressions à ses nouveaux amis de Wodecq. Elles furent traduites bien gentiment par Yvette Van Quickelberghe qui s’efforça de sauvegarder le caractère émotionnel de ce texte. Nous en avons choisi quelques extraits fort touchants.

Je m’appelle James Michael McShane et ce qui suit est le récit succinct d’une suite incroyable d’événements aussi marquants qu’inattendus. Ce qui s’est passé dans ma vie entre février et septembre 2012 ne peut être qualifié que de remarquable. Ce qu’a fait mon oncle méritait bien de passer à l’histoire car c’est extraordinaire.

 … Il y eut beaucoup de monde à la réception et à une merveilleuse exposition, le fruit d’un travail réalisé par les élèves et les enseignants de l’école communale de Wodecq où la réception avait lieu. Je photographiais de grands panneaux exposés dont certains présentaient des photos du corps mutilé de mon oncle. Etonnamment, je n’étais pas choqué ; au contraire, cela me rapprochait de lui.  Sans prononcer la moindre parole, beaucoup de gens vinrent tout simplement vers moi pour m’embrasser ou me serrer la main. Je me sentais un peu embarrassé : on me traitait comme le héros que mon oncle avait été.  

… J’étais seul un moment à réfléchir à tout ce qui s’était passé durant cette journée quand je sentis la nécessité de me retourner et je croisais le regard de Marcel et d’Anita de l’autre côté de la pièce. Nous nous sommes regardés pendant de longues secondes et nous nous sommes rapprochés. Je les ai embrassés sur les deux joues, leur ai dit merci en français et ils m’ont également remercié. Malgré l’obstacle des langues, je sais que nous comprenions les sentiments de l’autre. Le rapport entre nous était unique et ne ressemblait à rien de ce que j’avais pu éprouver auparavant. Pour moi, ils représentaient le lien avec le passé de notre famille.   

… Le lendemain on était dimanche. J’ai loué une voiture et roulé jusqu’à Margraten qui se trouve à une heure de Bruxelles et à 10 km de Maastricht. Le hasard voulut qu’il s’y déroulait une importante cérémonie à laquelle participaient plus de 3000 personnes. Un grand orchestre accompagnait des chanteurs d’opéra. Je m’approchais mais mes vêtements n’étaient pas du tout de circonstance : je portais un T-shirt, un short et une casquette de baseball alors que l’assistance était habillée pour aller à l’église ou à l’opéra.  Je contournais cette assemblée tout en étudiant la carte que Marcel m’avait donnée. Ne m’y retrouvant pas, je m’énervais et me disais que, si près du but, je risquais de ne jamais retrouver la tombe de mon oncle Floyd. J’étais submergé par l’émotion et m’éloignais. Je me suis mis à pleurer, courbé, la tête entre les mains.

A nouveau un sentiment m’envahissait. Je me retournais vers tout ce spectacle et vis un homme qui se dirigeait vers moi. J’essayais de retrouver une contenance. Il me demanda s’il pouvait m’aider. Je dis oui et lui donnais le nom de mon oncle. Immédiatement il me dit : « Suivez-moi ».  Pendant que nous marchions, il me parut un peu étrange que parmi les 8000 tombes de ce cimetière, il savait exactement où trouver celle du Lt Floyd E. Addy.

Je me dis alors qu’il était peut-être la personne dont Marcel m’avait parlé. Marcel avait écrit son nom sur la carte et je m’arrêtais pour lui montrer le nom et demander si c’était lui. C’était bien lui. Encore une coïncidence extraordinaire : dans une assemblée de 3000 personnes et avec un spectacle en cours, c’était lui qui me trouvait.

… Je repris mes esprits et l’officier de la Marine apporta un seau de sable pour raviver la gravure sur la croix pour qu’elle ressorte bien sur la photo. Le sable venait des plages du débarquement de Normandie. Je frottai la croix et pris des photos, puis il me photographia à côté de la croix.  



James

… Je suis resté près de la tombe pendant de longues minutes et j’ai eu avec mon oncle une conversation pleine d’émotion. Je me suis levé et je suis parti. Je m’étais éloigné de quelques dizaines de mètres quand « la chose » me reprit. Je ne pensais à rien de particulier et, tout à coup, je dus m’arrêter et me retourner ; j’aperçus son nom sur sa croix. Je revins sur mes pas et m’assis. Pendant un quart d’heure, j’eus une « véritable » conversation avec lui. J’entends par là que je n’étais pas émotionné ou en pleurs, mais au contraire très calme. Je le remerciais de ce qu’il avait fait et lui racontais la belle cérémonie qu’on avait organisée à sa mémoire.   

… Je suis profondément reconnaissant pour l’hommage rendu le 8 septembre à mon oncle et en plus, je suis reconnaissant d’avoir pu voir et sentir la gentillesse et l’amour de personnes aussi éloignées de nous. Comme je l’ai dit dans mon discours, ceci me fait espérer que nous puissions tous éprouver le même amour les uns pour les autres. Je suis sûr que personne ne sait si mon oncle était protestant ou catholique, juif ou musulman, athée ou autre chose. Je suis tout aussi certain que lui ne savait rien des croyances religieuses de ceux qu’il a évités et sauvés ce jour-là. Tout ce qu’il savait c’est que les gens de Belgique étaient des amis et qu’ils souffraient sous l’occupation allemande. Il ne voulait pas qu’ils souffrent encore plus à cause de son malheur. Quelles que soient ses croyances personnelles, il a pris la décision respectable et logique. 

… Je dis aux habitants de Wodecq présents et passés : vous êtes de bonnes gens. Je sais au fond de mon cœur que le lieutenant Floyd Addy serait content et fier de vous, pas tant pour la cérémonie mais pour la gentillesse et l’amour dont vous avez fait preuve. Vous l’avez honoré en exprimant votre compassion pour son geste héroïque et en me permettant, à moi son neveu, de vous porter à jamais dans mon cœur et dans celui de ma famille. Cette expérience m’a changé dans la mesure où elle a écrit un chapitre manquant de ma vie. Et elle a affirmé mon désir sincère de paix et de bonne volonté pour toute l’humanité.  Les héros sont ceux qui font les choses qu’il faut quand il le faut et quelles que soient les conséquences (auteur inconnu).      

 

  Anita, James et Marcel

James et sa fille Peri venus en 2015, Anita et Marcel

2017

 
Adjudant Omer Vandenbosch 

Wings of Memory s'associe et rend hommage au lt F. ADDY

"L'ASBL 1944's Remembrance Groupe 703 TD a organisé du 25 au 27 août 2017 le camp "Marie-Christine" à Ogy où ont été exposés des véhicules et du matériel militaire datant de la Seconde Guerre mondiale, le tout encadré par des membres de l'ASBL habillés en tenue d'époque.

Cette association a voulu profiter de son séjour pour se rendre à Wodecq, village limitrophe, pour honorer la mémoire du lieutenant Floyd ADDY.

La cérémonie d'hommage a été organisée par Wings of Memory et  présentée par l'adjudant Omer Vandenbosch a rappelé à la foule présente ce qu'avait été le dernier vol du B 24 One long Hop piloté par le lieutenant ADDY dont le comportement héroïque continue à susciter une intense émotion parmi la population du village de Wodecq." 

Le Courrier de l'Escaut


Adjudant Omer Vandenbosch

2019

Jim, un neveu fidèle.

Le 22 mars 2019, pour la troisième fois, Jim McShane vint à Wodecq où il fut accueilli par les amis dont il avait fait la connaissance en 2012 et parmi lesquels se trouvaient Nicole et Jacques Van Quickelberghe qui représentaient leur sœur Yvette décédée l'an dernier.

Neveu de Floyd ADDY, il put de nouveau se recueillir à l'endroit où son oncle avait perdu la vie le 14 juin 1944 et communiqué en pensée avec cet aïeul qu'il n'avait pas connu mais qui était considéré comme un véritable héros dans ce petit village si éloigné de sa Californie natale.

Cette fois, il annonça que sa cousine Ann, âgée maintenant de 74 ans, gardait l'espoir de venir en Belgique si sa santé le permet.

Dans les années 70, ses études achevées et encouragée par ses grands-parents paternels, elle était venue en Europe dans le but de trouver trace de son père.

A cause d'un voyage probablement mal préparé en amont, elle ne put frapper aux bonnes portes. Les renseignements qu'elle croyait suffisants ne lui furent d'aucune utilité : la ville de Laon près de laquelle le bombardement eut lieu et une sépulture "quelque part" aux Pays-Bas…

Elle fut dès lors contrainte de rentrer en Amérique déçue et triste de n'avoir pu visiter l'endroit où son père avait choisi de mourir et se recueillir sur la tombe de celui-ci qu'elle n'avait pas connu et dont sa mère parlait très peu.

Il semble que le sort a voulu s'acharner sur cette famille américaine minée par le chagrin. Au cours de conversations familiales, Wahnetta, la soeur de Floyd et la mère de Jim, avait confié à Ann qu'elle aussi avait tenté de se rendre en France et en Belgique dans le but premier de retrouver la tombe de son frère.

Malheureusement, ce souhait ne put jamais se concrétiser à cause de tracasseries administratives. L'obtention d'un passeport lui fut en effet refusée car elle ne pouvait pas présenter un acte de naissance officiel, document requis pour cette démarche. Celui-ci était inscrit dans un registre de naissances qui se trouvait dans l'école élémentaire qu'elle fréquentait durant ses jeunes années. L'école ayant brulé, toutes les archives et les documents administratifs étaient partis en fumée.

Jim accompagné de sa fille sont venus à Wodecq en 2014; ils sont pour l'instant les seuls liens entre la famille de cet aviateur américain et le village de Wodecq.

2019

Commémorations 2019 – 75 ans déjà…

Comme en 2018, les membres de l'ASBL "1944 Remembrance Group 703 TD" accompagnés de nombreux véhicules militaires d'époque, ont rejoint Wodecq le samedi 24 août 2019 et se sont associés à ses habitants pour commémorer l'acte héroïque posé par le Lt Floyd ADDY, le 14 juin 1944. Rappelons qu'aux commandes de son B 24 en perdition, il avait préféré se sacrifier plutôt que de s'écraser sur l'église située au centre du village. A ce moment, les enfants y étaient occupés à préparer leur Communion solennelle.

Devant une assemblée muette d'émotion, Madame Anita GOEFFERS, membre dirigeant du Front uni des Associations patriotiques et présidente des Anciens Combattants de Wodecq, retraça avec talent et éloquence la vie de ce jeune Américain et, tout particulièrement, sa dernière mission.

Les autorités communales et toutes les Associations patriotiques de la région rehaussaient de leur présence cette cérémonie d'hommage qui s'acheva par l'exécution des hymnes nationaux belge et américain.

 

 

 

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