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Le village de Wodecq


Devenue effective le 1er janvier 1977, la fusion des communes a permis de créer l'entité d'Ellezelles qui comprend trois communes rurales : Ellezelles, Wodecq et Lahamaide.

Cette entité fait partie de la Région wallonne - une des trois Régions administratives de la Belgique - qui compte 5 provinces dont le Hainaut. Ellezelles se situe au nord de la province du Hainaut en bordure des frontières linguistique et administrative qui séparent la Région flamande au nord de la Région wallonne au sud. Au 1er mars 2017, elle comptait 5.975 habitants répartis sur un territoire de 14,69 km². Son relief est vallonné, le paysage morcelé et boisé, l'habitat dispersé, réparti en plus de 40 hameaux. 

Sa situation est privilégiée. Les déplacements y sont aisés. En un mot, il fait bon y vivre. Pour preuve, l'engouement observé depuis quelques années pour s'y installer.

Plusieurs villes ceinturent l'entité d'Ellezelles et offrent ainsi à ses habitants des possibilités d'emploi intéressantes : Ronse (Renaix) 5 km, Gent (Gand) 40 km, Lessines et Ath 8 et 10 km, Tournai 35 km, Mons 40 km et Bruxelles 60 km. Un réseau routier dense et de bonne qualité permet d'atteindre ces diverses villes sans grande difficulté. Bruxelles et ses environs peuvent être atteints aussi bien par route que par train.

En 1944, comme les 2.359 communes qui composaient la Belgique, Wodecq s'administrait de façon autonome. 
Elle comptait un bon millier d'habitants dont les activités étaient essentiellement rurales. Les exploitations agricoles étaient nombreuses, mais de faible superficie. Aussi, les productions agricole et animale étaient-elle faibles et servaient principalement à assurer les besoins alimentaires des familles. Cela leur permettait de résister sans grand effort aux effets de l'Occupation allemande, ce qui était loin d'être le cas dans les centres urbains. 

De par son caractère rural, Wodecq, hormis le passage d'un tramway vicinal qui reliait Flobecq, un village voisin, à Ath ne comptait sur son territoire aucune usine, aucun lieu stratégique, aucune ligne ou nœud ferroviaire que les Allemands auraient pu occuper ou bombarder. De ce fait, leur présence était discrète et peu contraignante. On peut affirmer que celle de la Résistance l'était tout autant. Ses membres avaient, semble-t-il, une préoccupation majeure : recueillir, cacher et exfiltrer les équipages des avions alliés qui étaient tombés dans les environs. 

Presque toutes les familles cultivaient leur lopin de terre. Mais, si la majorité des hommes s'occupait des travaux agricoles, une minorité était employée dans les usines, textiles pour la plupart, de la région de Renaix, dans les carrières de porphyre de Lessines ou dans une quelconque administration du secteur public ou privé. 

Les femmes, outre leurs activités ménagères, secondaient tout naturellement leurs maris dans les travaux agricoles et, une particularité pour la région, dans des travaux bien précis : la culture du tabac qui, séché la plupart du temps dans les greniers familiaux, sera envoyé dans les usines de transformation situées dans la région bruxelloise et des plantes médicinales qui prendront la direction des établissements de torréfaction et de conditionnement à Lessines. Très lucratives, ces cultures ont souvent permis à ces familles aux faibles revenus d'offrir une scolarisation poussée à leurs enfants. 

Si Wodecq vivait dans une relative quiétude, ce serait injuste de passer sous silence la situation pénible dans laquelle quantités d'épouses et de mamans se sont retrouvées à la suite de l'absence d'un mari, d'un papa retenu prisonnier en Allemagne. En effet, sur la cinquantaine de Wodecquois mobilisés en 1939, près de quarante furent faits prisonniers et ne regagnèrent leur foyer qu'une fois la guerre finie. Cette situation a touché beaucoup de familles et usé les esprits autant que les corps. Ces femmes ô combien méritantes ont dû assumer seules, les plus chanceuses avec le concours de leurs proches, les travaux de la ferme en même temps que l'éducation de leurs enfants.

C'est donc dans l'attente d'une libération qui tardait que la population de Wodecq s'est trouvée au matin du mercredi 14 juin 1944.

 

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