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Inauguration de la stèle érigée en l’honneur du lieutenant Floyd ADDY

Front unique des Sociétés patriotiques de l’entité d’Ellezelles

Allocution du président Carlos DERBAISE

Mesdames et Messieurs,

L'hommage qui est rendu aujourd’hui à un soldat américain traduit toute notre reconnaissance, celle de tout un village, à un héros d’une guerre cruelle. Parlons de ce fait de guerre. Remémorons l’épopée de l’avion, de son équipage et de son pilote Floyd ADDY qui perdit la vie, ici à Wodecq. Le 14 juin 1944, une formation de 36 avions Liberator B24 a pour mission de bombarder l’aérodrome d’Athies près de Laon en France. Partie de l’aérodrome de Debach en Angleterre, la formation exécute sa mission et remet le cap sur sa base. L’appareil du lieutenant ADDY, touché par la DCA allemande se traine en arrière des autres. C’est en solitaire qu’il eut encore à subir plusieurs tirs de DCA. Ceux de la base de Chièvres lui furent fatals. Ses moteurs s’arrêtèrent l’un après l’autre. Il perd de l’altitude ; c’est la fin. Il ne pourra jamais rejoindre l’Angleterre. Le lieutenant ADDY donne l’ordre à ses neuf compagnons de quitter l’appareil ; ce qu’ils firent dans les environs d’Ath et de Lessines. Le dernier message du pilote à son équipage est sans équivoque. Il marque le sens du devoir et de l’abnégation du chef. « Sautez quand vous êtes prêts… Bonne chance à tous, je reste dans l’avion. Il y a des amis parmi les gens d’en bas et je ne veux pas qu’un de nos avions leur tombe dessus. » Passant très bas au-dessus de notre village, Floyd ADDY évite l’église et les maisons environnantes. Devant lui se présentent les prairies qui se trouvent autour de nous. Il quitte son appareil, mais trop bas, son parachute ne s’ouvre pas. Il s’écrase dans la prairie située devant nous. Quant à l’avion, il termine sa course de l’autre côté de la route, derrière la fermette située à votre gauche. C’est la dépouille d’un véritable héros que les villageois retrouvent. Il s’est sacrifié pour sauver le village et ses habitants, des gens qu’il ne connaissait pas, des étrangers. Notre reconnaissance lui est due à perpétuité. Avec Monsieur Raymond ITTERBEEK, un des responsables de la filière d’évasion «Comète» qui aida de nombreux aviateurs alliés tombés sur le continent, à rejoindre l’Angleterre, je dirai : « Merci pour ton courage, merci pour ta vaillance, merci d’accepter de mourir pour nous, pour nous sauver, pour sauver tout un continent que tu ne connaissais que de là-haut. Notre liberté retrouvée, c’est un peu à toi que nous la devons. » Pour son acte de bravoure, le lieutenant Floyd ADDY reçut, à titre posthume, la Distinguished Cross anglaise et la Purple Heart américaine. Son corps repose maintenant dans le cimetière américain de Margraten, un village du Limbourg hollandais situé non loin de Visé. Quelques mois après ce drame, son épouse Barbara mettait au monde une petite fille prénommée Ann. Elle n’eut pas le bonheur de connaître son papa. Après mille et une péripéties et des fortunes diverses, les neuf jeunes membres de l’équipage purent rejoindre les Etats-Unis, sitôt les hostilités terminées. Depuis la fin de la guerre, le nom de Floyd ADDY est cité chaque année, aux cérémonies commémoratives du 8 mai. Nous en connaissons maintenant la raison. Avant de nous quitter, je voudrais une fois encore remercier tous ceux qui ont activement et bénévolement participé à la réalisation de ce monument. 

Tout d’abord, Anita GOEFFERS, la présidente des Anciens combattants de Wodecq qui a supporté le projet au nom de ceux-ci, Marcel LEROY qui en a eu l’idée et a suivi de près sa réalisation. Citons également Bernard RASMONT qui a offert et placé la pierre, Claude VAN LITHAUT pour ses compétences techniques et notre dévouée interprète et traductrice Yvette VAN QUICKELBERGHE. Après l’exécution des hymnes nationaux belge et américain qu’interprètera la fanfare de Wodecq, tous ceux qui nous ont fait l’honneur d’assister à cette cérémonie seront invités à suivre les autorités communales pour visiter l’exposition des quelques rares photos et débris de l’avion tombé ici et pour partager le verre de l’amitié dans les locaux de l’école communale. Le sonneur de cornemuse ouvrira la marche.

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