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Publié par Françoise Lison dans Le Courrier de l'Escaut, 11 septembre 2012:

En souvenir de l'héroïsme de Floyd. 

Plus de deux cents personnes ont rendu hommage au pilote du Liberator B-24 
qui s’est écrasé au centre du village le 14 juin 1944.


Il a sauvé les Wodecquois d’une catastrophe certaine : en restant aux commandes du bombardier, Floyd E. Addy a accompli un geste héroïque. Neuf autres aviateurs faisaient partie de l’équipage du B-24. Le pilote leur a enjoint de sauter en parachute, prenant seul le risque de périr quelques instants plus tard pour épargner le village.

Samedi après-midi, la belle stèle de pierre bleue a été inaugurée sous le chêne, en présence des autorités communales, d’un représentant de l’Ambassadeur des USA, des membres d’associations d’anciens combattants. Très ému, le neveu de Floyd E. Addy a tenu à remercier celles et ceux qui ont œuvré en souvenir de son oncle : celui-ci aurait pu rester un oublié de la grande Histoire.

Le Front unique de l’entité d’Ellezelles qui regroupe les associations patriotiques locales, a fait le maximum pour que soit sauvegardée la tragique page de 1944. Carlo Derbaise, Claude Van Lithaut et Anita Goeffers, en complicité avec Marcel Leroy et Bernard Rasmont, ont eu à cœur d’organiser une cérémonie à laquelle ils ont convié témoins et sympathisants. 

Les aînés de l’école communale ont pris part à cette commémoration en rassemblant des documents et des objets, parmi lesquels une maquette du Liberator B-24.

Andréa se souvient qu’un chemisier a été taillé, pour ses vingt ans, dans la toile du parachute. Denis et Guy, enfants de chœur en 1944, quittaient la messe à l’instant (9h17) où l’avion terminait sa mortelle randonnée entre l’Angleterre et Athies-sous-Laon.

Une famille d’Oeudeghien a hébergé l’un des neuf rescapés, William Cupp, qui avait promis de revenir au Pays des Collines. Promesse bien tenue en 1949 et, quarante années plus tard, à Chièvres. C’est ainsi que l’imposant ouvrage de l’Américain «De la Picardie aux camps nazis» fut traduit en français par Yvette Van Quickelberghe, une dame originaire d’Oeudeghien, présente à Wodecq ce samedi.

Le public n’oubliera pas le « dernier message de Floyd, 24 ans, qui marque le sens du devoir et de l’abnégation du chef », la talentueuse fanfare locale interprétant les hymnes nationaux le jeu des ULM au-dessus du site ensoleillé, la présence d’enfants et d’adolescents au cœur de la cérémonie.  

Françoise Lison-Leroy

Publié dans L'Avenir du Net par Françoise Lison  16 août. 2012:


Françoise Lison-Leroy  

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Publié dans l'Avenir.net le 13 juin 2014

En souvenir d’un héros: Floyd Addy

Voici 70 ans, un bombardier américain en perdition s’écrasait au retour d’une mission, en évitant le centre du village. Le pilote était tué.

Le 14 juin 1944, 36 bombardiers américains B-24 «Liberator» décollaient d’Angleterre pour aller bombarder une base aérienne à Laon dans l’Aisne en France. Pour éviter au maximum les tirs de la DCA allemande, ils sont passés par la Hollande puis ont traversé la Belgique du nord au sud. Sur la route du retour, les bombardiers furent souvent la cible des tirs ennemis. En queue d’escadron se trouvait l’avion piloté par le lieutenant Floyd Addy. Le passage à proximité de la base allemande de Chièvres sonna le glas pour son avion. Il ordonna alors à son équipage de quitter l’avion en leur disant: «Bonne chance à vous tous, je reste dans l’avion. Il y a des amis parmi les gens d’en bas et je ne veux pas qu’un de nos avions leur tombe dessus. » (propos rapportés par les survivants).

Les neuf hommes d’équipage tombèrent entre Ath et Ogy. Deux d’entre eux furent prisonniers; les autres, grâce à la solidarité et au patriotisme des villageois, se cachèrent des Allemands dans les environs jusqu’à la libération.

Pour le pilote Floyd Addy, le dénouement fut moins heureux. Voulant éviter à tout prix que son avion en perdition ne s’écrase sur le centre de Wodecq voire Flobecq, il est resté à bord jusqu’au dernier moment. Évitant l’église de Wodecq, il vira plein sud vers une zone moins habitée. Il réussit malgré tout à s’extraire de l’avion mais, à trop basse altitude, son parachute n’eut pas le temps de s’ouvrir. Il était 9h17 quand l’avion s’écrasa au lieu-dit «Champ du pont» éparpillant des débris sur plus d’un kilomètre.

Pour marquer ce triste anniversaire, les associations patriotiques organisent ce 14 juin à 10h30 une courte cérémonie pour rendre hommage à la bravoure de Floyd Addy, ce jeune héros américain de 20 ans qui s’est sacrifié pour éviter de tuer des innocents parmi la population wodecquoise. Cette cérémonie du souvenir se déroulera au carrefour de la rue Gaston Muylle – Buis au pied de la stèle érigée en reconnaissance envers ce jeune pilote.

 

Publié dans La Dernière Heure le 12 septembre 2012:

Le héros de Wodecq

Le lieutenant de l’armée américaine Foyd E. Addy a évité une catastrophe


 Le 14 juin 1944 à 9 h 17. Marcel Leroy, alors un jeune gamin de quatre ans en culotte courte, s’en souvient très bien. “J’avais quatre ans et deux mois. J’allais à l’école gardienne du village à pied. J’ai entendu un énorme choc. Un avion s’était écrasé dans un champ tandis qu’un homme gisait à quelques dizaines de mètres de là. Une dame m’a dit de vite partir et d’aller à l’école.”
Ce n’est qu’un peu plus tard que Marcel Leroy connaîtra l’histoire exacte de cet accident d’avion. Faisant partie de la 861e escadrille du bombardement du 493e groupe de bombardement de l’Air Force, cet avion avait pour mission de bombarder la base aérienne d’Athies, près de Laon (France). Durant toute sa mission, il a subi de nombreux tirs de DCA, particulièrement lorsqu’il passa à la verticale de la gare de triage de Saing-Ghislain.
À Chièvres, il essuya de nouveaux tirs qui lui furent fatals. Les quatre moteurs touchés ont rendu l’âme les uns après les autres. Le pilote, le lieutenant Floyd E. Addy, ordonna à son équipage d’évacuer l’appareil.
Ses dernières paroles adressées à ses coéquipiers furent : “Bonne chance à vous tous. Je reste dans l’avion. Il y a des amis parmi les gens d’en bas et je ne veux pas qu’un de nos avions leur tombe dessus…”
Les neufs membres de l’équipage seront pris en charge par des locaux à Wannebecq, Lessines ou encore Oeudeghien et rentreront tous aux États-Unis. Le lieutenant Floyd E. Addy tentait de maîtriser tant bien que mal son avion.
Au moment de sa chute, l’appareil s’en alla percuter l’église et donc le cœur du village de Wodecq. D’une ultime manœuvre, le pilote parvint à contourner l’obstacle et à s’écraser non loin, dans un champ. Bien qu’il se soit extrait de son appareil, le lieutenant Floyd E. Addy ne survivra pas au choc. Son parachute ne s’est pas ouvert. Son épouse attendait un enfant.
C’est un neveu du pilote américain qui a dévoilé, non sans une grande émotion, la stèle du souvenir.

T. Van Den Bril.

Publié dans THE GAZETTE (pour les membres du SHAPE)

 

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